Appel à un front syndical et communautaire contre l’OTAN !

Cet automne, alors que le génocide palestinien et la guerre en Ukraine continuent de détruire des millions de vies et que la militarisation croissante génère un climat de répression étouffant les voix syndicales et les luttes populaires, des représentant·es des 32 pays membres de l’OTAN se réuniront à Tiohtià:ke (Montréal). Leur agenda : discuter des budgets militaires, de leurs intérêts impérialistes et de politiques qui ne feront qu’exacerber les conflits en cours. Parmi leurs priorités figure l’augmentation des dépenses militaires, une exigence directe des États-Unis, qui se concrétise au Canada, où les fonds publics sont de plus en plus détournés pour financer la militarisation au lieu de répondre aux besoins sociaux essentiels. Cette décision impacte gravement les groupes communautaires et leurs usager·ères, déjà confronté·es à des coupes sévères dans les services publics. En tant que syndicalistes, travailleur·euses du communautaire et militant·es solidaires, nous ne pouvons rester les bras croisés face à cette institution militariste qui, tout en prétendant agir au nom de la démocratie et de la sécurité mondiale, ne fait qu’alimenter la violence, la guerre et l’oppression des peuples.

L’OTAN, par son soutien indéfectible à Israël, est non seulement complice des politiques coloniales et du régime d’apartheid qui frappent le peuple palestinien, mais joue également un rôle central dans le génocide en cours. En fournissant des armes, en apportant un soutien diplomatique et économique à l’occupation israélienne et en fermant les yeux sur les crimes de guerre perpétrés contre la population palestinienne, les membres de l’Alliance permettent à Israël de poursuivre son nettoyage ethnique et ses violations des droits humains en toute impunité.

Alors que chez nous, le milieu syndical et communautaire est écrasé par les politiques néolibérales menées par les grandes puissances et leurs institutions, les peuples colonisés, comme celui de Palestine, subissent de la violence systématique. Comme nous luttons ici pour défendre les droits et la dignité des travailleur·euses, des usager·ères, des migrant·es et des communautés marginalisées contre les gouvernements et les entreprises, nous devons également prendre position aux côtés du peuple palestinien, victime d’une politique génocidaire soutenue par l’OTAN.

De même, nous avons la responsabilité de manifester notre solidarité avec les peuples d’Europe de l’Est, pris en étau dans la guerre interimpérialiste en Ukraine. Si la responsabilité directe de l’invasion de 2022 incombe à Vladimir Poutine et à son régime, il est essentiel de comprendre que les horreurs vécues par les populations des deux côtés de la frontière sont le fruit d’une dynamique impérialiste mondiale qui sacrifie des vies humaines pour des intérêts géopolitiques et économiques. L’OTAN, malgré ses discours de « garante de la paix » et de « défense de la démocratie », est en réalité une puissance impérialiste qui contribue à l’escalade des conflits en cours pour ses propres intérêts stratégiques et économiques.

En tant que syndicalistes, travailleur·euses du secteur communautaire et militant·es solidaires, nous devons nous opposer à la logique de guerre portée par les discours jusqu’au-boutistes des belligérants, qu’il s’agisse du Kremlin ou des puissances occidentales. Ces discours n’ont pour effet que d’alimenter une spirale de violence et de destruction, sans tenir compte des souffrances des populations civiles et des travailleur·euses pris·es dans cette guerre impérialiste. Plutôt que de nous laisser entraîner dans un affrontement sans fin, soutenons les initiatives pour un monde où la solidarité internationale, l’autodétermination des peuples et les intérêts des travailleur·euses passent avant les intérêts stratégiques des puissances militaires.

Nous avons également un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre le militarisme et l’impérialisme. À travers des actions directes, l’organisation des communautés ou la solidarité internationale, nous pouvons briser les chaînes de la guerre et de l’oppression. Des exemples concrets de résistance existent déjà : les syndicats de dockers, par exemple, ont mené des actions inspirantes, comme en 1949, lorsqu’ils ont bloqué des livraisons d’armes françaises destinées à l’Indochine, ou plus récemment en Grèce, où des dockers ont empêché l’embarquement de conteneurs d’armements à destination d’Israël. Ces actions directes ont perturbé les circuits de guerre et elles ont aussi montré la force du mouvement syndical dans la lutte contre les intérêts impérialistes.

C’est dans cette tradition de résistance antimilitariste et internationaliste que le Syndicat Industriel des Travailleurs et des Travailleuses — Industrial Workers of the World (SITT-IWW) appelle à une participation massive des syndicats, des groupes communautaires et des militant·es solidaires à la manifestation organisée par Désinvestir pour la Palestine (D4P) et la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC). Le 22 novembre à 17h30, à la Place des Arts. soyons uni·es contre l’OTAN et faisons entendre notre solidarité avec les peuples du monde entier !

Pour la fin du génocide palestinien et la paix en Ukraine !
Pour la liberté de tous les peuples !
Unis contre le militarisme et l’impérialisme !

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